Le soleil et la falaise
Je suis montée en haut de cette falaise. J’ai cru, ardemment qu’une fois le sommet atteint, je serais libérée de mes tourments, libérée de toi, libérée de nous.
Lorsque j’ai observé ce soleil se coucher, je me suis dit qu’il était temps de laisser aller, de tourner la page, encore une fois. L’horizon se vide de ses couleurs, le jour se coupe et me voilà, à nouveau seule.
Je pensais que le vent emporterait ton absence. Je pensais qu’il prendrait avec lui tous nos silences.
Je suis restée là, face à cette descente, en me demandant s’il serait possible que le soleil change d’avis, qu’il revienne et nous permette d’être ce que nous n’avons jamais été. Mais je ne peux retenir le jour, je ne peux l’empêcher de se terminer, je ne peux le dissuader d’écrire un nouveau chapitre à chaque aube.
Je l’ai regardé disparaître et je me suis demandé où tu étais, à quoi tu pensais, et si, comme moi, tu ressentais cette ombre tout près de toi. Je crois que quoi que je fasse, où que je sois, une part de toi marchera avec moi.
J’aperçois le vide qui fait écho à celui qui se trouve dans ma poitrine.
Peut-on réellement dire au revoir à ce qu’on ne veut pas quitter ?
Cette falaise n’a rien effacé, le soleil n’a rien emporté. Notre paysage n’est plus qu’une sorte de noirceur intérieure, vaste et triste.
Je suis restée encore un peu là, à regarder la nuit engloutir les dernières braises du ciel. C’était beau. C’était insoutenable.
